Le lent démarrage des zones sans voitures polluantes

Publié le Lundi 11 Juin 2012

C'était censé être la solution la plus efficace pour combattre les émissions de particules fines des diesels. Mais, le lancement cet été de zones d'actions prioritaires pour l'air (Zapa), interdites aux véhicules les plus polluants au coeur de 8 agglomérations, semble compliqué à mettre en place.


La ville Nice vient de renoncer à figurer parmi les villes-tests. Le député-maire UMP, Christian Estrosi, considère le dispositif « très compliqué, peu efficace » et « incompris d'une grande partie des gens qui le prennent comme une mesure discriminatoire à leur égard ». Si les 7 autres agglomérations candidates* ont accepté l'expérience, elles souhaitent néanmoins des délais supplémentaires afin de mettre en place les périmètres interdits aux vieux véhicules.


Beaucoup d'élus réalisent également que ces restrictions, en pénalisant les véhicules diesel les plus anciens, donc non équipés de filtres à particules, affecteraient en réalité les conducteurs les plus démunis. « Si les communes concernées choisissaient le scénario le moins contraignant, toutes les voitures particulières immatriculées avant le 1er janvier 1997 seraient interdites de circulation, soit plus de 3 millions de véhicules », estime Louis Derboulle, président de l'association 40 millions d'automobilistes.


La France risque 40M € d'amende « Pour ne pas créer de ségrégation sociale, on pourrait commencer par interdire dans un premier temps les poids lourds, propose le porte-parole de France Nature Environnement, Benoît Hartmann. Il faudrait aussi installer des parkings de desserte à l'entrée des villes et davantage de transports en commun, car les gens n'ont souvent pas d'autre choix aujourd'hui que de prendre leur voiture pour se rendre à leur travail ».


Alors que la France est menacée d'une amende record de 40M € par la Commission européenne pour non-respect de la qualité de l'air, Benoît Hartmann estime que les élus des villes concernées « ne peuvent pas reculer, car le coût sanitaire de cette pollution en termes de surmortalité est sans doute comparable à celui de la cigarette. »


*Paris, Saint-Denis, Lyon, Clermont-Ferrand, Grenoble, Bordeaux et Aix-en-Provence.