La vitesse

Publié le Lundi 10 Septembre 2007

Un accident mortel sur deux est dû à la vitesse.

La vitesse aggrave et provoque les accidents. Elle les aggrave puisque, bien entendu, plus on roule vite, plus l'accident est grave. Elle les provoque dans la mesure où elle réduit les possibilités de manoeuvrer à temps et donc d'éviter l'accident.

La vitesse est dangereuse, parce que soumise à des lois physiologiques etphysiques incontournables.

1. Régles pour la sécurité

  • Il est indispensable de consulter fréquemment l'indicateur de vitesse. Contrairement à une idée reçue, cet indicateur de vitesse est un outil de mesure parfaitement exact. En revanche, l'évaluation de la vitesse en fonction du défilement du paysage et du bruit du moteur est faussée par la largeur de la route, l'accoutumance à l'allure, etc.
  • Pour rester maître de votre véhicule, adaptez votre vitesse aux circonstances : conditions de circulation et climatiques, état de la chaussée, chargement du véhicule, état des pneus, etc. 
    Si la moitié des accidents mortels ayant pour cause la vitesse est due, en effet, au non-respect des limites maximales autorisées, l'autre moitié des cas est provoquée par une vitesse inappropriée aux circonstances ou à l'environnement immédiat, même si l'on est en dessous des limites maximales.
  • Sachez évaluer la distance de sécurité correspondant à deux secondes au moins qui doit vous séparer du véhicule qui précède. Il est nécessaire en effet de vous laisser le temps de décider de la manoeuvre à engager et de réagir en cas d'incident (déviation de trajectoire, freinage brusque, etc.).
    Pour calculer cette distance, repérez un point de passage du véhicule qui vous précède (un arbre, un panneau, un poteau...) et comptez un minimum de deux secondes avant de franchir ce même point.
    Sur autoroute, laissez une distance égale à deux lignes blanches de la bande d'arrêt d'urgence avec le véhicule qui précède.
  • Redoublez de vigilance la nuit : les feux de croisement n'éclairent qu'à 30 m. Dès 70 km/h, l'obstacle qui surgit dans cette zone éclairée est inévitable.

2. Effets de la vitesse sur le véhicule

Les infrastructures et la signalisation en place sont conçues pour offrir une conduite sans risque si l'on respecte les limites de vitesse autorisées. En les outrepassant, on s'expose à un certain nombre de dangers.

  • La voiture devient moins maniable. Une vitesse excessive rend le changement de trajectoire et la maîtrise du véhicule plus difficiles, en diminuant notamment l'adhérence des roues.
  • Il suffit parfois de quelques km/h de trop pour qu'un véhicule fasse une sortie de route dans un virage. Si la force centrifuge est plus forte que l'adhérence, la voiture quitte la route. Pour réduire la force centrifuge, il suffit de réduire sa vitesse.
    Dans un virage, la force centrifuge est la force qui est tangente à cette courbe et qui a donc tendance à faire sortir le véhicule de sa trajectoire.
    Comme la distance de freinage et les conséquences corporelles en cas de choc, elle est proportionnelle au carré de la vitesse. Ainsi, lorsqu'on double sa vitesse, on quadruple la force centrifuge. Lorsqu'on multiplie par 3 la vitesse, on multiplie par 9 la force centrifuge, ce qui explique les sorties de route à grande vitesse.
  • La consommation de carburant augmente plus vite que la vitesse. Les moteurs et autres éléments mécaniques sont généralement conçus pour être économes et peu polluants, mais seulement aux vitesses réglementaires.

3. Effets de la vitesse sur le conducteur

Les limitations de vitesse ont été fixées à partir d'observations scientifiques des limites de l'individu (perception visuelle, temps de réaction, résistance aux chocs) et de lois physiques (freinage, adhérence...).

Au-delà de ces limites, la sécurité des usagers de la route est mise en danger.

  • Plus la vitesse augmente, plus le champ visuel est réduit. À grande vitesse, il se limite à une vision centrale de la route.
    Le cerveau est davantage sollicité par des images qui défilent rapidement et éprouve de grandes difficultés à les enregistrer et à les analyser.
    On distingue moins bien les objets et les détails. On se concentre sur une vision "en tunnel" et néglige des informations capitales comme la présence d'autres usagers ou l'implantation de signalisation.
    À l'allure d'un piéton, nous disposons d'un champ de vision de 180°. Plus nous roulons vite, plus notre champ visuel se rétrécit :
     - à 40 km/h, il est de 100°,
     - à 70 km/h, il est de 75°,
     - à 100 km/h, il est de 45°,
     - A 130 km/h, il n'est plus que de 30°.
    C'est une vision tubulaire ou vision en "couloir". Le conducteur voit bien vers l'avant, mais ne prend plus en compte les évènements latéraux. C'est la raison pour laquelle sur autoroute, en cas de panne et d'arrêt sur la bande d'arrêt d'urgence, il est recommandé de quitter le véhicule et de passer immédiatement de l'autre côté du rail de sécurité, en attendant les secours ou le dépannage, car la durée de survie sur la bande d'arrêt d'urgence ne dépasse pas 20 minutes.
  • La distance d'arrêt augmente avec la vitesse. Elle correspond à la distance parcourue pendant le temps de réaction du conducteur plus la distance de freinage du véhicule. Face à un événement imprévu, le conducteur réagit toujours avec un léger temps de décalage. Ce temps de réaction varie de 1 à 2 secondes et dépend de l'attention du conducteur, de son expérience de la conduite, de sonétat physique et des conditions de circulation. Avec la vitesse, la distance parcourue pendant ce délai incompressible s'accroît, quel que soit le conducteur.
    La distance de freinage du véhicule dépend, bien entendu, de l'état de la chaussée : sur sol humide, elle est quasiment multipliée par deux. Mais c'est la vitesse qui a le plus d'influence sur la distance de freinage. Quand la vitesse double, la distance de freinage est multipliée par quatre : on dit que la distance de freinage varie avec le carré de la vitesse.
  • Rouler vite fatigue ! Ce ne sont pas les vitesses modérées qui provoquent l'endormissement "par ennui", mais la conduite rapide. Obligeant le conducteur à traiter un grand nombre d'informations en un minimum de temps et à adapter en permanence sa vision, la vitesse induit un stress important qui entraîne fatigue et perte de vigilance, deux facteurs essentiels d'accidents.
  • En cas d'accident, le choc est plus violent, et les conséquences plus graves. Jusqu'à 30 km/h, la probabilité d'être tué lors d'un choc frontal est quasi nulle (à condition d'être retenu par la ceinture), mais elle augmente rapidement avec la vitesse. Ainsi, la probabilité qu'un conducteur ceinturé soit tué lors d'un choc frontal à 70 km/h est de 50%. Pour tout passager du véhicule, même ceinturé, à la suite d'un choc au-dessus de 80 km/h, la mort est quasi inévitable.

3. Quelques idées fausses

En roulant à 150 km/h au lieu de 130 km/h sur autoroute, je gagne pas mal de temps ?

A 150 km/h au lieu de 130, sur une distance de 100 km, on ne gagne que 6 minutes si le trafic de l'autoroute est fluide et s'il n'y a pas de travaux. Ce temps gagné peut être perdu à l'arrivée au péage ou au premier feu rouge. De plus, la consommation de carburant est plus élevée.

L'ABS permet de réduire la distance d'arrêt ?

L'ABS ne réduit pas la distance de freinage. Il évite le blocage des roues, la perte de contrôle du véhicule et permet donc le maintien de la trajectoire.

Il n'y a pas plus de risque à rouler en ville à 60 km/h qu'à 50 km/h ?

La distance d'arrêt est plus importante à 60 km /h : 11 mètres de distance d'arrêt supplémentaire, distance qui peut entraîner une collision avec un piéton. Or, un piéton renversé a 4 risques sur 10 d'être tué à 50 km/h et 8 risques sur 10 d'être tué à 60 km/h... et aucune chance de s'en sortir à 80 km/h !

4. Réglementation et sanction

La vitesse des véhicules est limitée sur l'ensemble du réseau routier et autoroutier. Cette réglementation s'applique à tous les conducteurs et à tous les véhicules, sans exception.

  • Depuis le 1er mars 2004, dans le cadre du permis probatoire, pendant les 3 premières années (cette durée est ramenée à deux ans pour ceux qui ont pratiqué la conduite accompagnée), le nouveau conducteur ne doit pas dépasser 110 km/h sur autoroute, 100 km/h sur route à chaussées séparées et 80 km/h sur route.

Textes officiels du code de la route

Articles L413-1 à L413-5, et R413-1 à R413-19->#article21